France trotting

16 avril 2019

Dans les ruelles de Saint-Paul de Vence

Il a fallu quelques mois pour que ma nouvelle vie sudiste m'amène dans un petit village de l'arrière-pays. Bon, je ne suis pas allée bien loin : Saint-Paul de Vence est sans doute le plus accessible des villages pittoresques, car situé quelques kilomètres seulement derrière Cagnes-sur-Mer, à l'entrée de la vallée du Loup. Mais tout était là : le balcon avec vue sur la mer, les fortifications, les ruelles pavées et leurs moult escaliers (la poussette a pris cher), les vieilles pierres envahies par les plantes grimpantes et les artisans / galeries d'art à tous les coins de rue.

20190405_121655

100% pittoresque et accessible, pas étonnant qu'on y ait vu des bus amener des touristes asiatiques par dizaines : Saint-Paul de Vence se glisse à merveille dans un tour express de la région (ou de la France, ou de l'Europe !). Mais la saison touristique n'étant pas encore entièrement lancée, nous avons pu nous promener, et goûter l'eau potable des fontaines, sans jouer des coudes. 

20190405_115638 20190405_140310

20190405_120916 20190405_121343

Appelons cette visite un avant-goût, car il reste tellement de beaux villages perchés à découvrir, peut-être moins accessibles, peut-être cumulables avec une marche dans la nature ! Affaire à suivre donc...

Posté par Francetrotter à 15:34 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :


12 avril 2019

Toponymes topographes

Oui, le titre contribue pour une bonne partie à ma motivation à faire cet article. Mais de manière générale, j'aime la façon dont les noms de rues font ici  écho au relief accidenté. En voici quelques uns glanés au fil des promenades !

20190204_122845

20190410_165204

Posté par Francetrotter à 22:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

08 avril 2019

Plage confidentielle

Difficile de trouver des endroits secrets sur la Côte d'Azur : la ville a conquis tous les espaces proches du littoral et les plages, un peu malmenées, sont aussi faciles à voir depuis la route ou le train que difficiles à envisager pour un moment de tranquillité. Heureusement, près de chez nous il y a le cap d'Antibes.

20190324_174720

C'est un peu par hasard, en visitant le port du croûton (+1 pour le toponyme), que nous sommes tombés sur la plage du même nom. Le port est lui-même particulièrement pittoresque. Des bateaux de pêche y officient encore et on peut y acheter des poissons pêchés localement. 

20190324_173738

Pour accéder à la plage, il faut dépasser la criée et suivre un chemin de pavés entre mer et muret. Nichée entre les rebords extérieurs du port du Croûton et du port Galice voisin, la plage est un petit croissant de sable face à l'Estérel, plein Ouest et donc idéale pour admirer le soleil qui se couche. En se retournant, on aperçoit les mâts des voiliers amarrés dans le port. Hors saison, elle est particulièrement tranquille. 

20190324_175158

20190324_175339

Peu de plages de la Côte d'Azur ont une entrée aussi classe

Me voilà rassurée : on peut encore trouver des havres de tranquillité dans cette ville frénétique. Dommage que les seuls à profiter à 100% du Cap d'Antibes soient les millionnaires !

Posté par Francetrotter à 22:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

03 avril 2019

De l'autre côté de la voie ferrée

...Il y a la mer. C'est une particularité de la Côte d'Azur : la voie ferrée longe le littoral, car c'était à peu près le seul espace possible pour la construire vu le relief de l'arrière-pays (et parce qu'à l'époque de sa construction il y avait encore de la place).

20190330_111651

Le résultat aujourd'hui, c'est que la voie ferrée est souvent grande voisine de la plage, juste après la route, du moins dès qu'on sort des principales villes. Pour accéder au bord de mer il faut aller chercher un passage souterrain, et il n'y en a pas tant que ça. Une partie d'entre eux est réservée aux piétons. Ces souterrains sont typiques du coin. J'ai même fini par leur trouver un petit charme, avec leur odeur d'humidité (on partage parfois l'espace avec un canal de déversement des eaux pluviales), leur béton qui s'habille progressivement de sable (ou galets, c'est selon) et leur vue sur le bleu de la mer. 

20190330_115813 (2)

Quand j'étais petite, il existait encore quelques passages piétons semi-officiels au niveau de la voie ferrée. Ils ont été fermés pour des raisons évidentes : ici circulent sans arrêt des TER, TGV et trains de marchandises. Les souterrains sont donc désormais les seuls moyens d'accès à la plage hors des coeurs de villes, et tant pis s'il faut faire un détour. Ce qui implique un bon côté : une fois sortis des centres des stations balnéaires, les plages sont moins fréquentées car un peu plus difficiles d'accès. On pourra bientôt faire le test en situation réelle !

20190214_114213

Posté par Francetrotter à 22:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

31 mars 2019

Palimpseste

Venir habiter dans une région où j'allais en vacances quand j'étais enfant, voilà quelque chose de bizarre. Je recroise souvent, très souvent même, des lieux qui avaient une toute autre signification pour moi à l'époque. C'étaient les vacances à la mer, leur routine plage-promenades-bons repas en famille élargie. 

20190310_114426

LA plage

Par exemple la plage où nous allions tous les jours est à une petite demi heure à pied de chez nous. Les établissements privés qui occupaient les trois quarts de l'espace ont disparu, peut-être parce que la haute saison n'a pas encore commencé, ce qui donne une impression d'espace assez étonnante (je me souviens que nous rentrions au chausse-pied entre les serviettes des voisins).

20190214_112128

Pas très loin se trouve Antibes les Pins, ce quartier au look discutable construit dans les années 90 en partie sur les terrains de la maison familiale (nous avions alors migré vers Vallauris, la ville voisine). En revanche je dois avouer que le parc Exflora, aménagé en même temps entre Antibes les Pins et la mer, est un espace vert très appréciable pour la piétonne que je suis dans cette ville si dense.

20190220_112007

Juste à côté, le vieux parc des Eucalyptus où j'ai quelques souvenirs de promenades existe encore, et c'est à mon tour d'emmener mon fils jouer sur ses toboggans. Tout comme à la Pinède de Juan-les-Pins, un autre haut lieu de mon enfance. Curieuse sensation que celle d'écrire mon histoire familiale sur un vieux terrain connu.... Comme les écrivains qui s'inspirent inconsciemment de ce qui a déjà été écrit, je pratique le palimpeste sur ma propre vie !

Posté par Francetrotter à 23:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


26 mars 2019

Pause Garoupe

Avec les beaux jours qui arrivent (non mais de quoi je parle ? Il a dû pleuvoir deux jours ici depuis fin janvier !), nous commençons à nous promener le weekend. Ce qui est bien ici c'est qu'on trouve de très beaux coins à moins de 15mn de voiture de chez nous. Par exemple le phare de la Garoupe, commodément planté sur le point culminant du cap d'Antibes.

20190324_165424

Depuis son esplanade, la vue panoramique s'étend de Cannes à Nice (et même Menton à ce qu'il paraît). Un petit café hors du temps se tient là, avec ses tables dressées à l'ombre des pins parasols : loin du vacarme de la côte d'Azur, on se sent plus dans la Provence de Pagnol !

20190324_164215 (2)

20190324_164704

Mais ce n'est pas le seul attrait du lieu : Notre-Dame de Bon Port est une jolie chapelle dédiée aux équipages partis en mer. Ses murs intérieurs sont couverts d'ex voto, de maquettes de bateaux et d'accessoires de marine. Le culte est encore bien vivant : la chapelle fait encore l'objet d'une procession de marins au mois de juillet. Que vous ayez un penchant pour les édifices religieux ou pas, la visite vaut le détour !

20190324_171701 20190324_172025

Photo de droite : pourquoi une crèche sur ce mur ?

Quant au phare, ironie du sort : il est aussi facile à repérer de loin (sa portée est l'une des plus larges de la côte) que difficile à voir de près (il appartient à la marine nationale et ne se visite pas)...

Posté par Francetrotter à 00:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

17 mars 2019

The great Juan les Pins

J'ai initialement un peu de mal avec Juan les Pins. Beaucoup de béton et de voitures, des plages étroites... Quand j'y allais petite en vacances, elle m'évoquait un parc d'attractions : on y allait pour les manèges et les jeux pour enfants; pour voir le casino, la salle d'arcarde (hélas fermée avec les années) et l'étonnant karting en bord de mer. Et puis j'ai appris à regarder cette station balnéraire antiboise autrement. Maintenant elle me fascine !

20190204_120226

Ce qui est super, c'est son histoire : Juan-les-Pins a été créée pendant l'âge d'or du tourisme bourgeois, au tout début du 20e siècle, sur la face Ouest du cap d'Antibes. Son nom n'a rien à  voir avec un éventuel M. Juan, elle a simplement pris le nom du golfe où elle baigne. Assez vite Juan les Pins a connu son premier âge d'or : pendant les années 1920 c'était un lieu de rendez-vous de la jet set américaine et le ski nautique y aurait même été inventé. Hemmingway et Francis Scott Fitzgerald ont souvent fréquenté les bars de la ville. Bien avant l'afflux de touristes du Monde entier, la Côte d'Azur vivait ici une heure de gloire internationale !

20190204_113542

20190204_120737 20190303_121929

Photo de droite : au fond, le Pam Pam, authentique tiki bar survivant des années 20

Quand on la regarde bien, Juan les Pins a conservé un peu de son époque Great Gatsby : de l'architecture art déco plus ou moins subtile dans les immeubles et les ouvrages publics, quelques grosses villas survivantes, des bars d'époque qui existent encore et d'autres qui rendent commodément hommage aux roaring twenties. Cet héritage se trouve plus dans les détails que dans l'allure générale, sauf dans le (tout) petit secteur de rues piétonnes qui borde le front de mer. En fait beaucoup date des années 1960, l'autre âge d'or de la ville, dont le célèbre festival Jazz à Juan qui se déroule en centre-ville. Il semblerait que Juan les Pins ait cultivé délibérément un esprit début de siècle dans son développement ultérieur...

20190308_115443

Je trouvais Juan les Pins vieillotte parce qu'elle n'avait pas changé depuis mon enfance, et qu'une partie des bâtiments historiques manquaient d'entretien, mais les choses bougent : l'un des palaces historiques, en friche depuis des décennies, est actuellement réhabilité pour accueillir des appartements de luxe. Les travaux qui se terminent en ce moment sur la voirie près de la pinède vont étendre le secteur piéton. Tant mieux, car on s'imprègne bien mieux des détails historiques en se promenant à son rythme. J'ai hâte de connaitre le résultat final, car Juan les Pins est une petite pépite d'histoire qui ne demande qu'à briller !

Pour vous faire une idée de l'ambiance d'époque, vous pouvez trouver des images d'archive ici et .

Posté par Francetrotter à 16:08 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

12 mars 2019

Une ville azuréenne 3 : vestiges ruraux

Je ne pouvais pas évoquer la troisième composante de la ville dans laquelle j'habite : les vestiges de la ville rurale pré-tourisme. Coincés dans les interstices entre espaces résidentiels, équipements et routes, ils se font discrets et pourtant aucun doute, ils sont là ! C'est le côté le plus exotique de la ville azuréenne à mes yeux habitués à l'openfield de Seine-et-Marne, car on trouve ici de petites parcelles de champs et serres disséminés un peu partout.

20190211_113935

Par exemple, un producteur à 5mn de chez moi vend ses légumes en direct : il est situé entre un quartier pavillonnaire et une voie rapide. Un peu plus loin, dans la zone commerciale près de l'échangeur autoroutier, un petit bâtiment de style provençal (chapelle ? Ancienne cabane de bergers ?) perdu dans un autre temps. Toujours dans mon quartier, un champ où les foins ont été coupés à l'ancienne. Dans un magasin bio pas loin, des citrons cultivés à Golfe-Juan, en pleine ville.

20190209_120325

20190228_104404

Non vous ne rêvez pas, il fait gris sur la photo du bas !

Je n'ose pas imaginer la pression que doivent avoir les propriétaires de ces terrains agricoles vu les emplacements stratégiques qu'ils occupent. De toute évidence, la crise des vocations agricoles et le vieillissement pourraient avoir bientôt raison de ces champs urbains. De nombreuses serres sont d'ailleurs à l'abandon. Dommage, car c'est une immense chance de pouvoir consommer ultra-local tout en habitant en ville (même si les prix ne sont pas souvent compétitifs). Paris et New York remettent à la mode les fermes urbaines et les installent sur des toits faute de place, et c'est amusant de se dire que d'une certaine façon la Côte d'Azur est en avance sur cette tendance bobo-urbaine !

20190309_115649

Posté par Francetrotter à 15:50 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

08 mars 2019

Brèves sudistes

Après plus d'un mois dans les Alpes Maritimes, il est temps d'entamer une première tournée d'impressions. Et comme il n'y a pas que des trottoirs minés de crottes de mini-chiens et des clôtures opaques par ici, voilà quelques petites choses qui rendent la vie bien sympathique !

20190308_104714

Un temps d'avril en février : mon manteau a dû me servir une ou deux fois, puis je l'ai troqué contre un coupe-vent - et encore. Cette douceur printannière est des plus agréables ! Par contre il vaut mieux ne pas se découvrir d'un fil : dès que le soleil se cache, ou que le vent marin se lève, rester en T shirt fait courir de sérieux risques de rhume. Résultat des courses, les sorties se prévoient avec l'équipement d'hiver (diverses couches de vestes) ET d'été (T shirt, lunettes de soleil, chapeau). Mais il n'y a vraiment pas de quoi se plaindre !

20190214_112547 20190219_111532

La saison des mimosas ! Elle touche à sa fin, mais j'ai pu profiter à 100% de la couleur et du doux parfum de ce petit arbre bien d'ici (façon de parler, Wikipedia m'apprend que l'espèce est australienne - mais elle a été beaucoup implantée sur la Côte d'Azur où le climat lui était idéal). Le mimosa trône au milieu de nombreux jardins publics comme privés, sa floraison est donc immanquable par ici.

20190227_164835

20190302_213533

Manger local est plus facile : ici les départements limitrophes produisent des fruits et légumes à profusion. Comme ils sont locaux, ils sont frais et goûteux (je me rends compte que je n'avais jamais mangé d'épinards vraiment frais), et l'offre bio / raisonnée est bien présente. Enfin, le climat se prête à la culture d'agrumes et même d'avocats, ce qui m'a permis de réaliser un vieux rêve : une salade avocat-pamplemousse locale ! Voilà qui change du chou et des endives. OK j'avoue, j'y avais ajouté des crevettes de Madagascar. Mais ni pamplemousse de Floride, ni avocat chilien !

Posté par Francetrotter à 15:57 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

05 mars 2019

Une ville azuréenne 2 : résidences tentaculaires

Vous l'aurez compris à mes récents articles, la Côte d'Azur est le royaume de la propriété privée. Les logements collectifs n'y font pas exception. Mais heureusement pour l'espace public (et pour mes promenades), elles sont globalement moins accros que les maisons individuelles aux haies immenses et aux portails opaques. 

20190207_160628

En fait, les résidences collectives de la région sont de bons coins pour vivre car elles promettent une belle qualité de vie sans les coûts d'une villa haut de gamme : jardins paysagés (presque toujours), piscine (souvent), tennis et jeux pour enfants (parfois). C'est d'ailleurs dans l'une d'elles que nous avons élu domicile. Mais par rapport à mon quartier de Marne-la-Vallée, qui accueillait lui aussi beaucoup de résidentiel collectif, l'emprise des espaces privés est bien plus large : derrière leur portail, les plus grandes peuvent inclure tout un réseau de voies privées avec dos d'âne, stationnement de bord de route, trottoirs et panneaux de circulation. Je ne sais pas à partir de quand on peut officiellement parler de gated communities (gare aux comparaisons franco-américaines !), ce qui est sûr en revanche c'est que tout le monde ici aime vivre coupé de l'espace public.

 20190227_103213 20190214_105448

Lors de mes sorties je ne peux pas rater les résidences car elles sont disséminées partout du front de mer à l'autoroute (qu'on peut considérer comme la première limite de l'arrière-pays). Et ce n'est pas fini, car le logement collectif est celui qui se développe actuellement, boosté par les prix élevés du foncier : il mange progressivement anciennes propriétés agricoles et zones pavillonnaires. Sans que ça n'évolue à la vitesse de Marne la Vallée, on pressent que la ville sera ici de plus en plus dense.

20190215_115623 20190221_111930

Quoi qu'il en soit, ces résidences ont leur charme : j'aime regarder leur architecture qui témoigne des différentes décennies de développement. Si les plus anciennes ressemblent à des tours HLM avec leurs nombreux étages, les plus récentes ne peuvent pas dépasser la cîme des arbres (de ce que j'ai compris) : la vue sur la mer dépend maintenant surtout de la hauteur et de l'orientation du terrain. Les dernières semblent aussi avoir perdu leur nom. Dommage, car nommer les logements, je trouve, une jolie habitude locale.

Posté par Francetrotter à 11:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,