En France, les fêtes sont souvent de bons prétextes pour manger : c'est la réflexion que je me faisais le weekend dernier, en pleine séance de cuisson de crêpes pour la Chandeleur. Mais au fait, pourquoi des crêpes début février ? Je ne m'étais jamais posé la question, cette occasion annuelle de me baffrer de Nutella étant suffisamment satisfaisante pour ne pas éveiller ma curiosité. Les crêpes sont bien une spécialité bretonne, non ? Pourquoi en mange-t-on partout en France à la Chandeleur ?

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Je me suis lancée dans une recherche sans réponse satisfaisante : il y eut un rite païen pour célébrer le retour des jours qui s'allongent, fêter la sortie d'hibernation des ours ou des marmottes (si si !) ou encore amener une bonne année de récoltes en utilisant le reste de farine de l'année d'avant. Puis une récupération chrétienne (40 jours après Noël, la présentation de Jésus au temple). Certes, mais pourquoi des crêpes ? Un pape en aurait offert au peuple à Rome à cette occasion (ah bon, on en mangeait en Italie ?). Autre explication, les crêpes symbolisent le soleil qui revient (elles sont rondes et jaunes, et hop ! Une ressemblance...). 

Mais alors, la Bretagne dans tout ça ? Apparemment on mangeait une version archaique des crêpes dans un passé lointain, alors que le pain était trop compliqué à obtenir. La Bretagne a simplement été à l'avant-garde du mouvement car on y cultivait beaucoup de sarrazin. 

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Je ne sais pas vous, mais je trouve tout ça très nébuleux. Et je suis déçue qu'il n'y ait pas un mouvement économique ou un complot politique derrière les crêpes : un peu comme le mojito avec Havana Club ou le spritz avec Aperol, je voyais bien une guilde des crêpiers bretons placer leur produit phare dans une fête du calendrier lithurgique pour le faire passer à la postérité pour les siècles des siècles !