17 août 2009
La randonnée du vertige
J'adore quand les balades en montagne comportent une petite partie délicate, un passage à moitié dans le vide, un brin d'escalade pour pimenter l'effort. Mais point trop n'en faut !
Le massif de la Chartreuse est une sorte de plateau tordu et incliné dans tous les sens, les sommets se trouvent pour la plupart au dessus d'impressionnantes barres de falaises et de prairies pentues. La grande spécialité de ces montagnes pour les randonneurs avertis, ce sont les sangles : des sentiers à peine tracés (voire qui s'arrêtent net au milieu de nulle part) qui ne vont pas sur les sommets, mais passent le long des falaises. Vide garanti, phobiques s'abstenir !
La balade dont je parle ici se situe quelque part en dessous de l'Aulp du Seuil. Le sangle passe directement dans la falaise qui surplombe la vallée du Grésivaudan. La montée, c'est du gâteau...
Puis on attaque le sangle. Vue splendide, petit frisson d'excitation, le sentier est à peine visible.
Ah zut, un cul-de-sac... Une seule solution, faire demi-tour et retrouver l'embranchement qu'on a loupé, deux ou trois cirques plus tôt...
Rien à faire, je ne passerai pas par là !!
En effet, le bon sentier passait par dessus la barre rocheuse. Il fallait le savoir... -_-'. En plus, il va bien plus loin que le précédent. A chaque fois qu'on débarque dans un nouveau cirque, la vue du suivant et du sentier qui s'engouffre directement dans la falaise me mettent de plus en plus mal à l'aise... Sur ces sentes, un pas hors de la trace et c'est la culbute verticale de 500m ou plus...
Cherchez le sentier...
Au bout d'un moment, deux options : faire demi-tour jusqu'au sentier qui nous permettra de redescendre, ou attaquer la falaise pour atteindre le sommet. A ce point, je ne me sentais de faire ni l'un ni l'autre. C'est la deuxième solution qui sera finalement choisie : pas tout à fait de l'escalade, mais pas de sentier et la possibilité se retrouver face à un cul de sac (et devoir redescendre) à tout moment.
L'endroit par lequel nous avons débouché au sommet. Gloups...
Les mots ne suffisent pas à expliquer mon soulagement quand nous avons enfin touché le plateau. Le vide est quelque chose qui travaille le moral progressivement, jusqu'à rendre les pas incertains même si on n'est pas sujet au vertige.
Le pire dans tout ça est que deux jours plus tard, on regarde les photos et on se dit : ouahouu... Si c'était à refaire...
09 août 2009
Sus au génépi
Vous pensez que les montagnes sont des terres inhabitables dans lesquelles les pauvres savoyards doivent s'accoutumer de l'altitude et des risques naturels ? Que nenni ! Le savoyard a appris depuis bien longtemps à utiliser toutes les richesses de la montagne, et ce jusqu'aux altitudes où plus rien ne pousse. Notamment, je n'en finis pas de m'étonner de l'utilisation de toutes les plantes comestibles à but de fabrication d'alcool.
La liqueur reine de la Savoie est le Génépi : à l'origine une petite plante discrète mais diablement parfumée qui fait un digestif parfait après une bonne raclette un gros repas. La pauvre plante devient la cible de toutes les convoitises au début du mois d'août : il faut dire qu'elle a la fâcheuse manie de pousser à cette période de l'année, entre 1000 et 2000 m d'altitude et selon des critères assez stricts d'exposition au soleil, de nature du terrain et de proximité d'un glacier, qui les amènent trop souvent dans des réserves naturelles où la cueillette est interdite. La suite est logique : comme pour les morilles, les bons coins sont des secrets jalousement gardés, les cueilleurs qui se rencontrent sur place feignent d'être simplement venu faire leur promenade du dimanche.
Refaire sa réserve annuelle de Génépi suppose une dure journée de labeur : il faut se lever tôt, trèèès tôt, pour faire quelques heures de route jusqu'au pied des montagnes ciblées. S'en suit une longue et difficile ascension, dans une nature sauvage et indomptée...
Photos garanties toutes fraiches de cette semaine !
Nous voici à l'endroit désiré. Reste à distinguer la plante rase-mottes de toutes les herbes et buissons qui poussent dans les moraines des glaciers. Le bon sens du cueilleur veut de ne pas prendre les racines afin de laisser un avenir à l'espèce. Le fin gourmet sélectionnera ses brins en fonction de la longueur, du nombre de fleurs ou de l'avancement de la floraison...
L'ultime étape, après redescente, conduite et sieste, est la fabrication de la liqueur. Celle-ci suit une recette dont le secret de polichinelle est ultime. Comme les pasta pour les italiens et les crèpes des bretons, chaque famille a son propre dosage de brins, surcre et alcool. J'en ai même entendu avouer faire la tournée des pharmacies pour récupérer de l'alcool de qualité... -_-'
Il faudra malheureusement attendre 40 jours pour que la mixture soit consommable : pourquoi ne pas débouchonner une petite Chartreuse ou une Vulnéraire du Mont Granier du fond du placard pour s'aider à patienter et méditer sur les bienfaits des plantes des Alpes ?
04 mai 2009
Derrière commence la Savoie
...Cinq-cents mètres plus bas, c'est le Rhône et les montagnes du Bugey (l'Ain quoi. Enfin, vu du haut de nos glorieux sommets savoyards, peut-on appeler ça "montagnes" ? huhu).
A partir du plateau de l'Avant-pays savoyard où je me trouve, les Alpes ; là en dessous, le Jura ! Et juste ici, une furieuse envie de faire la sieste dans l'herbe.
01 mai 2009
Weekend chez les weasley
Me voilà de retour en Savoie pour un weekend prolongé, je profite de l'avant-pays savoyard, sublime sous le soleil du printemps. Je retrouve des objets familiers (boite à Heiin !, paresseux en peluche...) et des vieilles habitudes (emmerder le chat, me réveiller au chant des oiseaux...).
Et puis je refais connaissance avec la vieille maison familiale, ancienne ferme retapée à la main et certainement pas tout à fait aux normes. Avec son fouillis permanent, ses escaliers ultra-raides partout, son odeur de bois de chauffage, son jardin broussailleux, j'ai l'impression de me trouver dans le Terrier des Weasley, la maison non-conventionnelle où on se sent bien. En fait, il y a ici quelque chose de la chaumière des comptes de fées (je vous interdit de penser à celle des 7 nains !!).
Parfait pour un weekend dépaysant, enfin tant que ce n'est qu'un weekend. C'est que j'ai aussi une vie dans la capitale moi ! (Arg, je deviens de plus en plus parisienne !)
On peut même attraper des créatures non identifiées dans le jardin ^^
07 avril 2009
Art du terroir
Point de visite ni d'avis urbanistico-prise de tête pour cette fois, mais une petite pub pour le site Internet des artistes de St Pierre d'Alvey, Savoie, 200 habitants tout mouillé. Parce que c'est mon pôpa qui l'a fait et parce qu'on peut y trouver quelques unes de ses oeuvres de france trotter senior (cherchez, j'y suis ! ^^).
http://www.artcopain.fr/index.html
28 décembre 2008
Racines cheddoises
La journée du 25 décembre nous a ramené, moi et ma famille, chez ma grand-mère en Haute-Savoie. Et je me rends compte que je n'ai jamais évoqué Chedde, le village-petite-ville-banlieue-touristique où moi, mon frère et ma soeur avons passé une bonne partie de notre enfance. Ca tombe bien, cette période de fêtes me donne une irrepressible envie de raconter ma vie...
Vue de dessus... (vieilles photos usurpées à mon père)
Chedde est presque dans le cul-de-sac de la vallée de l'Arve : plus loin, il n'y a plus que Chamonix et c'est la frontière. La (ma?) vie tournait surtout autour de la grande usine Pechiney, mais le tourisme a gagné du terrain depuis 20 ans et les adrets (cf post précédent, héhé) se sont garnis de chalets.
Je passerai sur les détails, mais grandir en Haute-Savoie suppose des particularités, comme le ski obligatoire à l'école (ô souvenirs douloureux ! telle un Jean-Claude Dus en culotte courte, le planter de bâton m'a hanté un moment !) ou le fait que je regardais les avalanches tomber tout le printemps depuis la fenêtre de l'école.
Jeu-bonus : à votre avis, où suis-je ??
Je dois à Chedde ma première conception de l'espace, qui allait dans le sens de l'Arve : la première étape était la petite ville pour faire les courses (Sallanches), la deuxième le premier péage d'autoroute (Cluses), la troisième, bout du Monde, la grande ville (Annecy). [Parisiens, interdit de vous moquer !!] Il était tout naturel pour moi de m'ouvrir au Monde étape par étape, du petit au grand. Vision dont j'ai encore du mal à me séparer.
Et puis nous avons déménagé et Chedde est devenu une destination de vacances. Quoi de plus normal, une grande partie de la famille y réside. Et puis vous en conviendrez, ça pourrait être pire niveau géographique (Béthune ou Verdun, c'aurait été autre chose - sans ségrégation territoriale aucune, on s'entend ^^).
Vue du plancher des vaches au printemps...
L'une de mes grands-mères, à force d'insistance, réussissait à réunir une bonne partie de sa descendance chaque Noël, à l'occasion d'une semaine de festivités dans sa grande maison. Pour nous autres petits enfants, c'était la folie (aaaah les batailles d'oreillers cousinesques !). C'est vrai qu'à grand renforts de cadeaux et d'apparences, ces Noëls avaient vraiment quelque chose de magique. Douce naïveté de l'enfance ! Même si les choses ont bien changé depuis, ce 25 décembre, j'avoue, le sapin décoré et ma mamie dans la cuisine masquaient presque les prises de conscience héritées de l'adolescence...
De tous les chez-moi que j'ai pu avoir, Chedde a été le plus étalé en durée (huit ans à peu près) et j'y retrouve une partie de mes "racines". Même si concrètement, à part la famille (mon arbre généalogique côté maternel peuple une partie de la vallée), je ne connais plus personne - je ne saurais même pas reconnaitre mes amis de primaire. Pour ceux qui sont encore là.
26 décembre 2008
Le verdict météo
Le temps des fêtes, je suis remontée dans mon perchoir savoyard avec ma famille (et Internet, ô joie). Et la grande question qui a rythmé mes dernières journées avant de prendre le train était (non, pas s'il allait y avoir des grèves) si j'allais avoir de la neige en arrivant.
Petit historique : il y a deux semaines, 60 cm de neige en Savoie et deux jours sans électricité ni chauffage pour mes parents. Au fur et à mesure que je prenais des nouvelles de la famille, le niveau de neige diminuait ("plus que" 30 cm une semaine avant Noël, quelle horreur !!). J'ai donc pris mon train comme prévu le 24 décembre, et le verdict est...
Au moins, je ne suis pas arrivée trop tard -_-'. Bon, il a reneigé 1 cm cette nuit, mais tout avait disparu avant midi. Et dire que la météo prévoit un air sibérien mais un grand soleil pour les jours à venir... J'enterre mes projets de (fully) white christmas...
Que les amateurs de ski se rassurent, mes parents n'habitent qu'à 700m d'altitude et les cimes sont toutes blanches, comme chaque année !
Photo trompe-l'oeil : on ne voit que des ubacs (oui oui souvenez vous, les cours de géographie ^^). les versants au soleil n'ont plus rien...
Et au fait, joyeux Noël à tous !
19 octobre 2008
L'origine d'une vocation
Bien avant le cursus en aménagement-urbanisme, il y avait ma collection effrennée de...
Je me demande encore ce qui m'a pris de les ressortir de leur carton pour faire cette photo...
03 octobre 2008
Annecy et Chambéry...
... C'est (presque) la même chose. Avant de potentielles levées de boucliers régionalistes, je m'empresse de souligner que oui, il y a des différences ! Enfin, surtout dans les mentalités.
Prenez deux villes de taille et population à peu près égales, faites en des capitales d'un même Duché, dotez les chacune d'un gros chateau, situez les dans une région où n'importe quel repère dans la paysage devient une frontière, et vous avez toutes les chances d'obtenir un bon vieux combat territorial à la Metz/Nancy. Je vais moi-même m'efforcer de ne pas prendre parti dans cet article (on verra bien...).
Château d'Annecy, château de Chambéry
Dans leur centre historique, les deux villes se ressemblent beaucoup - oui bon, Annecy a des canaux, un lac et une colline en plus : c'est plus pittoresque. Mais elles partagent ruelles étroites, arcades, pierre taillée et immeubles pastels... Ce paysage urbain me rappelle ce que j'ai vu de l'architecture allemande de l'Ouest.
Certes, j'ai choisi des types d'endroits qu'on retrouve vraiment dans les deux centres... Annecy à gauche, Chambéry à droite.
Et puis, il y a ces ruelles couvertes que j'adore (c'est mon côté fouineur), qui partent d'une arcade dans une façade et qui peuvent nous mener un peu n'importe où, dans un magasin caché, chez des particuliers ou à l'autre bout du pâté de maisons. Elles nous permettent de voir l'envers du décor : derrière la façade, c'est beaucoup moins propre, mais aussi un peu plus authentique.
Endroit et envers de grande rue piétonne à Chambéry...
Une fois sortis du centre-ville, je trouve ces deux villes assez moches (sans transition, des gros immeubles). Mais c'est peut-être à cette échelle qu'on observe la différence majeure : Chambéry est la capitale d'un département industriel et très montagnard, alors qu'Annecy est celle d'un département qui bénéficie du fameux décolletage de la vallée de l'Arve et de la proximité de la Suisse. Pour résumer, c'est une ville riche et touristique, alors que Chambéry vit encore beaucoup de ses industries (les cafés Folliet, les pâtes Alpina Savoie, des classiques chez moi ^^). Et cette différence là se voit surtout le long des entrées de ville !
A vos jumelles !! Petite note finale qui me permet d'ajouter deux vues aériennes - enfin, montagnardes : Annecy depuis le Parmelan ; Chambéry (surtout sa banlieue Nord, le centre est dans le brouillard derrière) depuis la Dent du Chat.
28 septembre 2008
The Alpin walk of Fame
Les Alpes n'ont rien à envier à la première puissance mondiale, non non ! Pour preuve, cette version locale du Hollywood walk of Fame. Los Angeles, col du petit Saint-Bernard, même combat !
Et maintenant rassurez-vous chers lecteurs, je suis à court de blagues lourdingues, l'analyse géographique académique revient bientôt. Enfin à court, pour l'instant.....






























