17 août 2009
Le vin de merde
Ruse utilisée par un vigneron du Bordelais pour ramener une clientèle à sa cuvée en perdition. Reste à savoir si elle a marché...
09 août 2009
Sus au génépi
Vous pensez que les montagnes sont des terres inhabitables dans lesquelles les pauvres savoyards doivent s'accoutumer de l'altitude et des risques naturels ? Que nenni ! Le savoyard a appris depuis bien longtemps à utiliser toutes les richesses de la montagne, et ce jusqu'aux altitudes où plus rien ne pousse. Notamment, je n'en finis pas de m'étonner de l'utilisation de toutes les plantes comestibles à but de fabrication d'alcool.
La liqueur reine de la Savoie est le Génépi : à l'origine une petite plante discrète mais diablement parfumée qui fait un digestif parfait après une bonne raclette un gros repas. La pauvre plante devient la cible de toutes les convoitises au début du mois d'août : il faut dire qu'elle a la fâcheuse manie de pousser à cette période de l'année, entre 1000 et 2000 m d'altitude et selon des critères assez stricts d'exposition au soleil, de nature du terrain et de proximité d'un glacier, qui les amènent trop souvent dans des réserves naturelles où la cueillette est interdite. La suite est logique : comme pour les morilles, les bons coins sont des secrets jalousement gardés, les cueilleurs qui se rencontrent sur place feignent d'être simplement venu faire leur promenade du dimanche.
Refaire sa réserve annuelle de Génépi suppose une dure journée de labeur : il faut se lever tôt, trèèès tôt, pour faire quelques heures de route jusqu'au pied des montagnes ciblées. S'en suit une longue et difficile ascension, dans une nature sauvage et indomptée...
Photos garanties toutes fraiches de cette semaine !
Nous voici à l'endroit désiré. Reste à distinguer la plante rase-mottes de toutes les herbes et buissons qui poussent dans les moraines des glaciers. Le bon sens du cueilleur veut de ne pas prendre les racines afin de laisser un avenir à l'espèce. Le fin gourmet sélectionnera ses brins en fonction de la longueur, du nombre de fleurs ou de l'avancement de la floraison...
L'ultime étape, après redescente, conduite et sieste, est la fabrication de la liqueur. Celle-ci suit une recette dont le secret de polichinelle est ultime. Comme les pasta pour les italiens et les crèpes des bretons, chaque famille a son propre dosage de brins, surcre et alcool. J'en ai même entendu avouer faire la tournée des pharmacies pour récupérer de l'alcool de qualité... -_-'
Il faudra malheureusement attendre 40 jours pour que la mixture soit consommable : pourquoi ne pas débouchonner une petite Chartreuse ou une Vulnéraire du Mont Granier du fond du placard pour s'aider à patienter et méditer sur les bienfaits des plantes des Alpes ?
10 mai 2009
Orage sur Bâle
Ce weekend j'ai suivi le conseil de la pub et je suis partie avec des amis m'alsacer du côté de Mulhouse. Qui dit Alsace du Sud dit proximité de la Suisse et nous n'avons pas résisté à l'envie de faire un petit tour à Bâle, ne serait-ce que pour vider notre réserve de jeux de mots débiles sur la ville (allez, je vous laisse chercher...).
Pôôôôôôôt
Place d'art et d'histoire en Suisse allemande, Bâle propose des rues pittoresques et des beaux monuments, au premier rang desquels son hôtel de ville tout rouge. Le centre-ville se trouve sur une butte à l'abri des caprices du Rhin. Enfin, je me base sur une seule promenade et non une visite poussée. En plus, notre après-midi a tourné court avec l'arrivée d'un gros orage qui nous a forcé à re-traverser le centre au pas de course... (ça m'apprendra à oublier mon parapluie dans les trains ça !)
La région de Bâle, pas montagneuse pour un sou, est germanophone (la langue officielle, écrite comme en allemagne mais prononcée avec un très fort accent local) mais il y a une bonne proportion de français sur place : touristes, alsaciens de sortie ou travailleurs (il faut dire que les salaires valent le coup !). Je me demande comment les habitants s'y retrouvent ? L'excellente pratique de l'allemand par les alsaciens, qui n'en finit plus de m'étonner, doit sûrement aider.
Très poétique, le nom de restaurant !
L'essentiel en fin de compte c'est que la météo ne nous a pas empêché de tenter de répondre à une question majeure : le chocolat suisse est-il bon ? A voir quand j'entamerai les provisions que j'ai faites ^^
02 mars 2009
Biscuits roses et cathédrale
Quand moi et une vieille copine avons affirmé vouloir aller à Reims pendant un weekend entier, avec nuit sur place et tout et tout, on s'est moqué de nous. Il parait que la ville est moche et qu'on en a vite fait le tour...
Moche ouais, à part ça...
J'avoue que mes idéaux régionaux ont la vie dure, et je voyais une belle ville historique pleine de maisons à colombages... Bah non, Reims est une ville sinistrée, détruite à 80% pendant la première guerre mondiale. Mais en fin de compte, on trouve de quoi s'occuper pendant deux jours, pour peu qu'on aime les vieilles pierres et la bonne bouffe.
On commence avec une traditionnelle vérification de clichés : s'il y en a bien un qui se confirme, c'est celui de la gastronomie. J'avoue que sur ce coup là, le champagne était moins une priorité que le biscuit rose de Reims. Fait avec une bonne dose de E-110, E350 et autres E592, ce biscuit rose Barbie se décline en toute une gamme de pâtisseries et biscuits, et même en poudre pour colorer sa propre cuisine (ouais, c'est franchement moins tiré par les cheveux que d'acheter directement du colorant alimentaire !). On trouve à Reims des boutiques entièrement dédiées à la petite merveille. Résultat, un weekend de grignotage et un stock ramené que je ne compte pas laisser aux griffes de la femme de ménage, cette fois (nan mais !). Tiens, faudrait que je me fasse une charlotte moi...
La cathédrale mérite à elle seule une bonne, grosse visite. Pas le petit tour habituel, vite-fait comme ça pour dire qu'on l'a vu. Déjà, elle amène le gothique à son extrême, en faisant de la dentelle avec de la pierre, en rendant un bâtiment lourd transparent comme un lampion.
Il existe des visites guidées et on peut monter dans les tours, mais tout ça est fermé hors saison (greuh). Le palais du Tau qui jouxte la cathédrale est un en fait très bon complément : jadis palais des banquets de couronnement royaux, c'est aujourd'hui un musée bien fichu sur l'histoire de la cathédrale et des cérémonies royales. On y trouve des morceaux d'église, des tentures du XVe siècle et les objets des derniers sacres (la cape de Charles X et le pendentif de Charlemagne, ça rend humble !).
Je passe aussi sur les autres monuments visitables, dont une ancienne maison de notables encore debout qui a vu passer des grandes familles du Champagne.... Sinon pour les amoureux d'église il y a aussi la basilique Saint-Rémi, très bel édifice mi-roman et mi-gothique qui célèbre le prêtre ayant baptisé Clovis.
Cathédrale, palais du Tau, cathédrale, palais du Tau. En bas, Eve prise en flagrant délit...
A part pour quelques monuments et anciennes demeures miraculeusement debout, j'avais une réflexion en me promenant : ville sinistrée. L'essentiel du centre ancien est d'architecture art-nouveau (et pas des plus jolies), les monuments historiques sont faits de bric et de broc, à moitié rénovés ou remis debout. Même la façade de la gare porte encore des impacts de balles. C'est assez bizarre pour moi, sans doute classique pour les gens de l'Est.
La cathédrale elle-même porte les stigmates de siècles d'incendies, bombardements et (aujourd'hui) pollution atmosphérique : curieusement, cet aspect abimé lui donne aussi une allure plus vénérable et ancienne que les autres grandes dames du bassin parisien. Des fois, laisser tomber les ruines donne de la qualité au patrimoine...
Impacts de balles. Et parce que je n'ai parlé que de monuments et de bouffe, une petite image du jadin de la Patte d'Oie, ma foi très agréable avec ses petits canaux.
14 décembre 2008
Yummy !
Qui dit Strasbourg en décembre dit marché de Noël ! Contrairement à ce qu'on peut voir dans les autres événements estampillés sous ce nom en France, celui-ci est VRAIMENT dédié à Noël. Sans compter qu'il est vraiment grand, vraiment varié et bien mieux décoré. Et puis il y a ce petit vent de magie qui souffle sur l'ensemble, masquant un peu le côté commercial de la chose...
Mais surtout, il y a plein de choses qui se mangent. Rhââ !
J'avais donc fait une provision conséquente de bière de Noël, pains d'épices et autres bredeles, et je me faisais une joie de les partager avec amis et famille, mais la femme de ménage (malheureusement imposée dans le contrat de location) a pris mon sac pour une poubelle et a tout bazardé... VDM
16 septembre 2008
Croix de Savoie
Certaines régions affichent leur régionalisme au travers d'événements (grande braderie, festival interceltique...), de monuments ou paysages typiques, d'une mentalité ou encore une météo particulière... La Savoie s'affiche énormément via son blason, la fameuse croix blanche et rouge (attention à ne pas confondre avec le drapeau suisse !).
Faisons un test : une promenade tout ce qu'il y a de plus banal dans les rues de Chambéry. Et c'est effrayant :
Bien sûr, Chambéry est une des capitales historiques de l'ancien duché... Testons un coin plus rural et beaucoup moins touristique, à savoir l'avant-pays savoyard :
N'hésitez pas à agrandir la première photo, pour profiter d'un des plus beaux noms de village en France ^^
Prise d'un pressentiment atroce, j'ouvre alors le frigo parental et...
Eeeh oui, la Savoie ne vend pas que son saucisson et ses fromages qui puent ! on y trouve aussi du miel, des produits à base de pommes (dont la Normandie n'a visiblement pas le monopole ^^) ou encore du vin (que je recommande toutefois pour accompagner raclettes et autres savoiseries) ; tous estampillés fièrement avec le blason local.
Je suppose que la Savoie n'est pas la seule région à être fière de son drapeau. Je n'ai malheureusement pas encore eu l'occasion de vérifier tout ça en Corse ou en Bretagne...
En bonus !! Sinon, il y a la version pâtisserie de la croix de Savoie, trouvable surtout dans la vallée de Sallanches / Chamonix en Haute-Savoie : une brioche, de la crème pâtissière, le tout avec la forme caractéristique. Dommage, je n'ai pas eu l'occasion d'y retourner récemment pour prendre une photo.
08 septembre 2008
There will be moules
Je tiens tout d'abord à présenter mes excuses pour le jeu de mots tiré par les cheveux qui tient lieu de titre (je n'ai pas pu m'en empêcher, mouarf !). L'objet de l'article est un des grands événements du patrimoine régional français : la grande braderie de Lille, qui avait lieu ce weekend sous mes yeux ébahis !!
Une fête très populaire, peut-être plus commerçante que brocanteuse, savoyarde (oui oui, vu le nombre de stands de saucissons - reblochons + la station des Arcs comme sponsor de l'événement !). Et l'occasion d'un véritable génocide mytiloïdaire (le mot n'est qu'à moitié inventé, voyez Wikipedia), comme le montrent les photos ci-après.
Mais que fait Brigitte Bardot ?? Sur la 4e photo, notez le carton de "boites à hein", le nouveau gadget ch'nordique crétin à la mode. En tant que passionnée de l'étude des territoires de France, je me devais d'en posséder une !! Quoi, comment ça mon excuse est minable ??
02 août 2008
Vous reprendrez bien un peu de maroualliflette ?
La fin de ce séjour à Lille est arrivée terriblement vite. Premiers au revoir-prise de conscience qu'il ne reste que quelques jours-pot de départ-rangement du bureau-restitution du badge. Et voilà, plus que quelques jours dans le Ch'nord !
Pour faire la transition avec l'été de francetrotter qui m'attend, et après six mois d'intenses recherches (je m'y suis pris en avance ^^), j'ai réussi à trouver un lien (certes capillotracté) entre mes deux chez-moi du moment. C'est vrai que la Savoie et le Nord ont tout pour se différencier, de la topographie à l'amabilité des habitants... Le lien en question, il le fallait, est culinaire.
--> Deux régions de fromages qui puent. Pour preuve, ce gratin qu'on trouve dans la plupart des brasseries, sous le nom de "gratin du Nord" ou "gratin au maroualles".... Moi, je préfère l'appeler "maroualliflette", parce que c'est ni plus ni moins la bonne vieille recette de la tartiflette, reprise en version Ch'nord. Pas mauvais, enfin prévoyez un fisherman's friend pour ne pas faire fuir votre entourage dans les heures qui suivent.
Et on ne regarde pas ce qui est tombé à côté... J'ai jamais su manger correctement -_-'
--> Plus audacieux, ce restaurant de Calais qui a osé mélanger les genres... Enfin, du moins dans le logo. Ya pas intérêt à faire des raclettes ou des fondues au maroualles, nan mais ! Je tolère la maroualliflette, mais faut pas exagérer !! :)




































